La jungle urbaine
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Au-delà des défilés de Hummer et de starlettes de pacotille, Miami affiche des attributs naturels. Si, si.
Par Denise Balkissoon
Photos de Josée Pedneault
 un quiscale des marais surveille la scène
Pendant que mes amis et moi déjeunons de cafés cubains corsés et de chaussons, des chiens gambadent sur la plage, heureux de ce moment de liberté avant l’arrivée des touristes. À 5 h, South Beach est à son plus calme, mais demeure pleine de vie. De magnifiques frégates tournoient dans le ciel ; des dauphins se pointent le nez. Près de moi, deux surfeurs détrempés discutent des mérites des vagues clapoteuses par rapport aux vagues gauches et aux barres. Ils sont habitués à se lever tôt : South Beach, zone de mangrove drainée et garnie de sable des Bahamas, offre de belles vagues, mais personne n’a encore appris à régler les marées.
Chauffée par le Gulf Stream à une température moyenne de 24°C, la ville tropicale de Miami est sise sur une plaine blottie entre la baie de Biscayne à l’est et le parc national des Everglades à l’ouest. Bien que Miami s’urbanise gaiement, son identité repose aussi sur sa beauté naturelle. Les résidants savent qu’en bout de ligne Dame Nature a le dernier mot : des ouragans petits et grands frappent presque chaque automne et les excès débridés de South Beach n’ont d’égale que la nature indomptée des Everglades qui s’étend jusqu’aux limites de la ville.
Pour explorer cette face plus verte et moins botoxée, je suis mon amie Mary Rose, guide pour EcoAdventures, une branche du service des parcs de Miami-Dade qui offre des visites guidées par des naturalistes dans la région de Miami. Depuis cinq ans, j’ai tout essayé : pêche aux tétrodons avec des gamins de sept ans au Marjory Stoneman Douglas Biscayne Nature Center ; traversée en canot de la baie de Biscayne au clair de lune, sur quelques kilomètres, jusqu’à Chicken Key. Au son du clapotis de l’eau sur la berge et du crépitement du feu, nous avions alors fait griller hot-dogs et guimauves et discuté de l’histoire de cette île, faite de dévastation écologique (dégâts lors de fêtes nocturnes sur la plage) et de régénération (retour en force des plantes côtières et des palétuviers).
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