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Rien ne sert de courir, il faut partir au Yukon
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Bravant montagnes, rivières et forêts, notre journaliste surmonte ses craintes d’urbain à Whitehorse, capitale de la nature.
Par Benjamin Leszcz
Photos de Corey Arnold

Au son de la musique d’Alison Krauss, je plane à 1300 m d’altitude. Au-dessus, des nuages flottent dans le bleu du ciel de Whitehorse ; en-dessous, parmi le gris et le vert des montagnes qui s’étendent à l’infini, des taches de jaune annoncent l’arrivée prochaine de l’automne. Me voici pour la première fois aux commandes d’un avion, un vieux Cessna 206 de 29 ans, maniable et sensible. Il suffit d’appuyer légèrement sur le manche pour dégringoler de 1 m/s.
J’avise un aigle royal et, avec la permission de Denny Denison, un fan de bluegrass sexagénaire (et le vrai pilote à bord), je vire à droite, sur-volant une douzaine de caribous et quelque 80 chèvres des Rocheuses qui détalent à notre approche. Techniquement, nous sommes toujours dans les limites de la ville, mais on a l’impression qu’on pourrait voler pendant des heures sans jamais voir nulle trace d’activité humaine.
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